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23 février 2026Habitante du quartier de La Plaine où elle a élu domicile dans les années 80, Régine Detambel est aussi une écrivaine connue et reconnue, avec une vingtaine de romans publiés, ainsi que de nombreux essais et textes jeunesse. Depuis quelques années, elle a ouvert la page d’une autre activité : la formation en bibliothérapie, dont elle nous livre les secrets.
Pour commencer, en quoi consiste votre métier de formatrice en bibliothérapie ?
Régine Detambel : Je forme des professionnels (soignants, profs, bibliothécaires…) accompagnant des publics qui ne vont pas bien, confrontés à des dépressions, burnout, problèmes cognitifs. Les effets thérapeutiques de la lecture sont reconnus* : on sait les bienfaits de raconter une histoire, de se comparer à des personnages, d’être bercé par la poésie…. Lorsqu’on est anxieux, la capacité de concentration disparaît en premier. Pour soulager et se (re)focaliser, on propose des petits temps de lecture, d’écriture, de récit de soi, de griffonnages. Ce n’est pas vraiment du soin, mais du « prendre soin ».
Comment Régine Detambel, écrivaine à succès, s’est engagée dans cette voie ?
R.D. : Je suis écrivaine, mais je viens aussi du soin : pendant 30 ans, mon mari et moi avions un cabinet de kiné à Juvignac. Nos patients m’ont beaucoup appris sur la douleur chronique : pour éviter de s’enfermer dans la souffrance, il est essentiel de (re)lancer la créativité. Or, le soin purement médical ou paramédical ne tient pas compte de nos besoins créatifs.
Pour des personnes qui ne lisent ou n’écrivent pas, cela peut-il avoir un effet repoussoir ?
R.D. : La lecture, souvent perçue comme scolaire ou intellectuelle, est ici ramenée à son aspect créatif via les récits ou les histoires. Il ne s’agit pas d’imposer les livres ou de se cantonner à la lecture. La bibliothérapie va simplement aider les gens à retrouver/cultiver cette capacité à parler de soi, sans être dans la plainte brute. Les humains sont des êtres de langage : le récit de soi est partout, depuis toujours. Dire « bonjour » est déjà le début d’une histoire !
Vous évoquez l’importance du « recueil de récit de vie ». Qu’entendez-vous par là ?
R.D. : C’est affirmer ce besoin, quel que soit son âge, de ressaisir le cours de sa vie pour donner du sens à ce qu’on a fait et ainsi amorcer un changement. On se dit souvent « je ne trouve pas de sens à ma vie ». Or on ne trouve pas un sens, on le construit ! Et pour ça, on peut s’aider de ce fameux recueil de récit de vie. Aujourd’hui, peu de personnes arrivent à se dire « ma vie est importante ». On dévalorise tellement les gens qu’ils n’osent pas se libérer ou se faire accompagner. Et la passivité est une ennemie redoutable.
Appliquez-vous ces préceptes à vous-même ?
R.D. : La rencontre m’attire. En voyage, je partais toujours avec un papier sur lequel était traduit un petit texte pour favoriser la convivialité. Si la langue est une barrière, il y a le langage des signes ou du sourire : vous seriez surpris de ce qu’on arrive à faire quand on va vers l’autre !
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui ne va pas bien en ce moment ?
R.D. : Notez dans un carnet ce qui met du sel dans votre vie : le simple fait d’écrire fixe les aspects positifs et vous accordez ainsi de l’importance à ces petits bonheurs. Écrivez aussi sur les moments tristes, car c’est un exutoire. N’oubliez jamais que le papier est une peau, il protège.
* Rapport de l’OMS de 2020 sur le bénéfice de la lecture pour la santé mentale et physique, qui confirme que la pratique d’activités artistiques comme la lecture limite les effets secondaires des traitements contre le cancer, diminue l’anxiété, permet de lutter contre la douleur.