ALERTE ROUGE MÉTÉO : LE PLAN DE SAUVEGARDE COMMUNAL (PCS) EST ACTIVÉ & INFOS EN TEMPS RÉEL
30 septembre 2026Du 1er octobre au 26 novembre à l'Hôtel de Ville, Madjin propose une exposition poétique et lumineuse, « un temps suspendu, un apaisement, un sentiment de légèreté et de joie » à travers des œuvres où le bleu du ciel, de la Méditerranée, est omniprésent. Interview.
Madjin, pouvez-vous vous présenter et dire quelques mots sur votre parcours ?
Je suis une artiste franco-canadienne originaire de Montpellier, à la fois peintre, bodypainter, muraliste et enseignante en art. Après avoir vécu 14 ans à Montréal, me voilà de retour dans le sud.
Mon nom d’artiste, Madjin, vient de « Madjean », mon deuxième prénom inventé par mon père (prénoms de mes deux grands-mères Madeleine et Jeannine). J’ai modifié la sonorité et l’esthétique en ajoutant un I. Mes inspirations viennent de ma grand-mère maternelle d’origine indienne qui me racontait ses histoires exotiques, si lointaines, mais aussi de mes nombreux voyages en Afrique ou en Amérique latine…
Qu'est-ce qui a fait de vous une artiste ?
Dès mon plus jeune âge, je dessinais les visages des personnes que je rencontrais. Puis, durant mes études aux Beaux-arts, j’ai développé une véritable passion pour la couleur.
J’ai commencé à peindre des œuvres grands formats pour occuper l’espace qui m’entoure car je suis très sensible à l’espace public, à l’urbanisme et à l’écologie (influencée par un père architecte et une mère environnementaliste).
De plus, je recycle mes toiles car au Québec, on trouve des tableaux et toutes sortes d’objets dans la rue... Tout ça me permet de sortir ma peinture de son cadre prédéfini.
Quel rapport entretenez-vous avec la couleur bleue ? Qu'apporte-t-elle à vos œuvres ?
J'ai grandi dans le sud où le bleu du ciel est omniprésent, où les tonalités variées de l’eau méditerranéenne m’inspirent et m’apaisent. Dans mes œuvres, j’essaie de recréer l’immensité du bleu du ciel pour donner au public le sentiment d'un temps suspendu, d'un apaisement, de légèreté et de joie. Je crée ce que j’ai envie de ressentir : de la lumière et de la paix intérieure !
Il faut savoir que je suis hypersensible et hyperactive. La peinture me permet de me concentrer sur la couleur et la composition. C’est thérapeutique tout en étant essentiel, viscéral. C’est un besoin vital de mettre de la couleur dans un environnement souvent trop minéral et triste.
Lorsque j’étais à Montréal, le blanc de la neige perdure durant plusieurs mois et le bleu me manquait… J’ai donc commencé à en mettre dans mes toiles !
Dans vos toiles justement, vous établissez un lien intrinsèque avec la Méditerranée : d'où vient cet attachement à la Grande Bleue ?
Je suis née à Montpellier et mes parents ont émigré à Oran, la Méditerranée a toujours fait partie de ma vie. Son bleu permanent est ancré dans l’imaginaire des gens.
De plus, la culture méditerranéenne est riche d'une histoire multiculturelle alliant traditions, valeurs unissant les peuples, arts et modes de vie : c'est très inspirant de vivre ici !
Vous associez volontairement art abstrait et art figuratif : à quel point ce lien entre le monde réel et le monde imaginaire est important pour vous et dans vos toiles ?
Mes œuvres abstraites nourrissent mon art figuratif et inversement. Les touches très vives et abstraites se retrouvent dans mes portraits. Parfois, une œuvre abstraite jaillit d’une toile vierge et parfois c’est un portrait de femme multiculturelle qui apparaît…
Pour moi, l’art est un éternel combat : ce qui est magique, c’est de ne pas savoir exactement où cela va me mener ! J’aime me faire surprendre par la composition, une collaboration, la rencontre avec l’univers d’un.e autre artiste.
Je suis comme une enfant qui a toujours une nouvelle expérience sensorielle à découvrir et à vivre. Je me laisse porter par les opportunités et aime sortir du cadre attendu en créant des ponts entre les différentes disciplines artistiques (sculpture, musique, danse, photographie…).
Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Clara Villalba avec laquelle vous proposez la performance « Corps et Graphies » mêlant body painting, danse et arts visuels ?
Il y a deux ans, j’ai proposé à Clara Villalba de chorégraphier ma performance « Corps et Graphies » que j’avais initié avec un danseur non professionnel un peu avant. C’est devenu un véritable spectacle où nos deux univers se répondent et s’harmonisent dans une poésie des corps peints en mouvement. Le corps devient une toile vivante et le mouvement peinture : tout est lié. La composition musicale a été créé pour le spectacle par Jonathan Fenez et les costumes par la costumière Laurence Alquier.
Prochainement et pour la première fois, je présenterai à Juvignac « Corps et Graphies » avec la danseuse Julia Pal : le spectacle a été approfondi avec le regard avisé de Clara Villalba. J’ai souhaité suggérer de manière subtile quelques références à l’histoire de l’art (« la liberté guidant le peuple », l’art tribal des autochtones du Brésil et aborigènes, les Hommes préhistoriques avec l’utilisation du fusain/charbon…).
L’idée est de faire sortir ma peinture de son cadre : qu’elle prenne vie, que le corps devienne une extension de mes peintures, que cela devienne… un tableau vivant !
Le fait d’être des artistes femmes fait aussi émerger une sororité dans l’art vivant, ça nous rend visibles et reconnues !
Exposition "Blue" de Madkin
Du 1er octobre au 26 novembre 2026
Hôtel de Ville
8h30-12h et 13h30-17h30, du lundi au vendredi
En savoir plus sur le site et les réseaux sociaux de Madjin :