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10 septembre 2026Du 8 septembre au 31 octobre 2026, la Ville accueille Patrick Quérol à la Médiathèque Théodore Monod. Cet artiste qui « cherche à révéler la mémoire silencieuse des lieux qui nous entourent » à travers des dessins au stylo bille, installe son exposition poétique à Juvignac. Interview.
Patrick Quérol, pouvez-vous vous présenter et dire quelques mots sur votre parcours ?
Je me suis consacré au dessin au stylo bille en 2024, après une découverte marquante lors des Ateliers de Vinci auprès de Patrice Palacio à Montpellier. Mon parcours dans le domaine de la construction a naturellement nourri mon regard sur les pierres, la matière et les structures.
À travers le dessin, je cherche à révéler la mémoire silencieuse des lieux qui nous entourent. Présenter mes œuvres au public lors du Salon des Artistes Régionaux à Juvignac, puis être sélectionné pour le Salon du dessin au stylo au Palais épiscopal de Béziers en juillet 2026, ont été de formidables encouragements.
Pourquoi avoir fait le choix de cette technique de dessin au stylo bille ? Qu'apporte-t-elle à votre œuvre ?
Le stylo bille m’a été proposé par mon professeur, et j’ai rapidement découvert qu’il ne pardonne pas l’erreur : le trait est définitif. Cette contrainte exigeante m’oblige à une attention totale et à poser chaque geste avec soin.
C’est un médium modeste et accessible, mais qui permet, en jouant sur la densité des hachures avec un simple Bic bleu, de révéler des nuances et une vibration graphique uniques. J’aime cette idée que la précision du trait puisse donner une véritable profondeur aux ombres et aux silences des espaces que je dessine.
© Patrick Quérol
© Patrick Quérol
Vos dessins nécessitent la répétition d'un geste minutieux et un temps de création lent. Est-ce aussi une intention d'aller à rebours d'une époque où tout va très vite et dans laquelle on ne prend plus le temps de la contemplation ?
Oui, c’est une démarche qui s’inscrit pleinement dans le mouvement du slow art. La répétition du geste et la lenteur d'exécution imposent un rythme méditatif. Dans un monde saturé d'images éphémères où tout s’accélère, proposer des dessins qui se construisent trait après trait est une façon d'inviter le spectateur à ralentir. C'est une invitation à la contemplation, au silence, et à prendre le temps de s'arrêter sur les détails.
Dans vos œuvres, vous établissez des liens intrinsèques entre le minéral, le végétal et l'humain : pourquoi ce choix artistique ?
Mon passé dans la construction m’a rendu très sensible aux pierres, aux structures et aux traces du temps. Mais seul, le minéral peut sembler rigide. J’ai ressenti le besoin de faire dialoguer ce patrimoine bâti avec des éléments végétaux, des horizons ou des formes plus humaines.
C’est une intuition profonde : les lieux portent en eux la mémoire de ceux qui les ont habités, et la nature vient faire basculer ce décor dans une dimension vivante et poétique.
© Patrick Quérol
© Patrick Quérol
Si vos œuvres dégagent une aura poétique, elles sont aussi imprégnées de surréalisme. Est-ce un courant qui vous inspire ?
Je suis très sensible au surréalisme, car il autorise le rêve et l’imagination. J’aime l’idée que le dessin soit une porte vers l’intérieur, un espace de transition où la réalité se mêle à l’onirique.
Mes séries Paysages intérieurs ou Regards intérieurs et métamorphoses cherchent à capturer ces moments où le réel bascule doucement dans le songe, tout en laissant le spectateur libre d'y projeter sa propre histoire.
Exposition Patrick Quérol
Du 8 septembre au 31 octobre 2026
Médiathèque Théodore Monod
Vernissage : samedi 19 septembre, 11h (en présence de l'artiste)
Tout public, entrée libre