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7 novembre 2025Comment est née votre passion pour la photographie ?
Dominique Becam : Ma mère peignait, j’ai ce côté artiste qui me vient d’elle. Mais elle m’a donné le don des yeux, pas celui des mains… C’est donc sûrement par désillusion que je suis devenu photographe ! Mon premier appareil, je l’ai eu à 14 ans, j’en ai aujourd’hui 78. Cette passion ne m’a jamais quitté.
Vous souvenez-vous de votre premier cliché ?
D.B. : C’était le portrait d’un rémouleur qui officiait dans les halles de Montpellier. Une photo en argentique qui a aussi lancé mon apprentissage du développement.
C’est à ce moment-là que vous vous êtes spécialisé dans le portrait ?
D.B. : Je préfère parler de « reportage » à travers des rencontres et des portraits. J’ai beaucoup voyagé, notamment en Europe, en Asie, aux États-Unis, en Afrique… L’Inde et Madagascar sont des pays qui m’ont beaucoup touché : ce sont des pays très difficiles à vivre car vous êtes témoins de la misère la plus abrupte.
Comment avez-vous appréhendé cela dans votre travail photographique ?
D.B. : En m’occupant de deux associations : une pour les écoles de Madagascar et l’autre pour une infirmière officiant à Varanasi (l’ancienne Bénarès), au bord du Gange. J’ai écrit deux livres, Entrevues indiennes et Madagascar, l’île rouge, que j’ai vendus à leur profit.
Le lien social et l’aspect créatif de la photo semblent très liés dans votre travail…
D.B. : La rencontre m’attire. En voyage, je partais toujours avec un papier sur lequel était traduit un petit texte pour favoriser la convivialité. Si la langue est une barrière, il y a le langage des signes ou du sourire : vous seriez surpris de ce qu’on arrive à faire quand on va vers l’autre !
"Une photo réussie est celle qui vous procure une émotion."
La photo de paysages semble avoir pris une place plus importante aujourd’hui. Pourquoi ?
D.B. : D’abord parce que j’ai toujours aimé ça mais aussi parce qu’avec l’âge, je pars moins et moins loin. Je continue cependant à faire de la street photo ou des livres pour mes enfants car je considère que les photos sur l’ordinateur n’y restent pas éternellement.
À Juvignac, vous avez créé les Rencontres Régionales de la Photographie, qui célèbrent leur 10e anniversaire cette année. Quel était l’objectif ?
D.B. : De rassembler les clubs photo locaux qui faisaient des expos chacun de son côté. J’ai présenté mon projet à la Ville en 2014, qui s’est montrée intéressée. Aujourd’hui, l’événement est très bien géré par Luc Rower et l’équipe qui l’entoure, c’est un sacré boulot. Pour moi, ce salon est là pour dire que l’art photographique n’est pas un art professionnel : la différence entre un pro et un amateur n’est pas une question de talent, il y en a simplement un qui gagne sa vie avec. Le talent ne s’achète pas !
Qu’est-ce qui fait une photo réussie selon vous ?
D.B. : Celle qui vous procure une émotion.