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11 août 2025À Juvignac, le rock n’est pas mort ! Si la ville abrite le luthier de « Rumble Guitars » (Bertrand Richardeau, spécialisé en guitares électriques), elle a aussi vu pousser les Loons, trio de jeunes Juvignacois (dont Elio, fils de Bertrand) qui va sortir son premier album cet automne. Rencontres… forcément électriques !
Bertrand Richardeau, luthier rock’n’roll
Sur l’avenue des Hameaux du golf, le mot « Rumble » hurle au milieu d’éclairs striant le portail d’une villa. C’est ici que Bertrand Richardeau, ancien graphiste reconverti, exerce son métier de luthier spécialisé dans la réparation et la conception de guitares électriques.
Dans les années 90, il fut membre du groupe de garage-rock Mushroom. Aujourd’hui, ce fan de rock saturé a fait de sa passion des grattes un métier. L’élément déclencheur ? La fabrication d’une guitare pour son fils Elio, pendant le confinement : « C’est là que je me suis senti capable de développer une activité. »
Bertrand se met alors au rythme de l’auto-entreprenariat et à l’aide d’un logiciel 3D, conçoit et modélise des guitares plutôt vintage, de type Fender Jazzmaster ou Telecaster. Il peut aussi en fabriquer sur mesure en s’adaptant au client. Ce jour-là, il travaille sur une guitare dont le manche est gravé… d’une armée de petits cochons !
Pour la fabrication comme pour la réparation, le luthier est aux prises avec tout : les micros, les touches, le manche, les circuits électriques… « J’essaie au maximum d’utiliser des pièces qui viennent d’Europe », tient-il à préciser. Le temps qu’il passe sur une seule guitare avoisine les 80 h (jusqu’à 100 h lorsqu’il faisait tout à la main). Il a aussi une spécialité, le verni nitrocellulosique, « une peinture qui s’affine avec le temps dont le craquellement est très apprécié. »
Malgré quelques fausses notes contextuelles (l’envolée du prix du bois), la clé du succès de Bertrand réside surtout dans la satisfaction de clients conquis par sa partition artisanale. Parmi les plus célèbres, on trouve Xavier Boyer de Tahiti 80, Florian Brinker de Rinôçérôse ou encore l’ancien guitariste qui accompagnait Daniel Darc et le groupe Taxi Girl.
Le luthier juvignacois bosse également avec les professeurs de l’école de musique municipale, Serge Villamajo (qui a récemment commandé des micros « à la Jimmy Hendrix ! ») ou Alain Cahuzac, qui lui envoie régulièrement des clients.
Le dada de ce daddy rockeur ? « Le rock psychédélique de King Lizard and the Gizzard Wizard, le premier album de Pink Floyd et, surtout, les accords puissants du noise rock de Sonic Youth. »
Mais sa plus grande fierté reste son fils Elio, dont le groupe Loons connaît un succès électrisant. « Je ne m’en lasse pas. À chaque fois, je prends une claque ! » En se saisissant d’un cadre photo dans lequel le fiston, âgé de 9 ans, est sur scène avec l’un des guitaristes des Warlocks, il conclut : « C’est vraiment une transmission. Il a commencé la guitare à 8 ans, sans aucune obligation. Puis il a écumé les concerts avec moi ! » La graine des Loons était plantée.
Ouvert du mercredi au samedi, de 9h30 à 19h
Né à Juvignac, le groupe Loons sort son premier album
Les Loons, c’est Elio, Axel et Antoine. Ils ont la vingtaine et se connaissent depuis le collège. Après avoir sorti « Cold Flames », leur premier EP, ils ont récemment signé chez Howlin’ Banana Records, une maison de disque indépendante : leur premier album sortira cet automne. Après une adolescence punk et juvignacoise, ils entrent dans l’âge adulte en mode rockstars !
Pour commencer, les Loons, ça veut dire quoi ?
Axel : C’est le nom d’oiseaux noirs aux yeux rouges qu’on voit dans les pays nordiques. Quand, enfant, je vivais en Finlande, ils rôdaient autour de ma cabane et poussaient des cris qui me terrifiaient. Des cris qui ressemblent aux larsens de la gratte d’Elio !
Bien que vous soyez branchés rock, vous semblez aussi avoir beaucoup d’autres influences…
Antoine : Du shoegaze au métal en passant par la pop ou le grunge, on a tous les trois des sensibilités qui nous amènent à mélanger les styles.
Elio : Deftones est le groupe sur lequel on se retrouve le plus, mais on refuse d’être mis dans une case ! On assume et on revendique notre mixité musicale.
Le rock des années 90 est quand même un héritage que vous revendiquez. Pourquoi ?
Elio : Il y avait une authenticité, une énergie et de vrais instruments ! La musique primait avant tout.
Antoine : Il y a vraiment un public adepte de cette période. Au début, nos concerts étaient remplis de darons qui étaient ados dans les années 90. Au fur et à mesure, il s’est rajeuni avec des jeunes qui redécouvrent Nirvana ou Silverchair.
C’est plus facile de percer à notre époque ?
Elio : Il faut bosser et être accompagné. On remercie Abel Gibert du label Head Records, Juvignacois lui aussi, grâce à qui on a pu tourner dans les salles montpelliéraines et se faire connaître.
Antoine : On a cette chance d’être entourés de professionnels très compétents : le manager de notre maison de disque, notre ingénieur du son Amaury Sauvé ou le photographe Richard Bellia, célèbre pour ses clichés (entre autres) de… The Cure !
Axel : On travaille aussi le merchandising pour créer une fanbase. Quand quelqu’un porte un t-shirt « Loons », c’est une fierté.
Un trio, c’est aussi trois personnalités. Que pouvez-vous nous révéler sur vos compagnons de scène ?
Antoine : Axel est très atypique : il y a chez lui cette forme de génie philosophique qui donne envie d’aller fouiller. Il est introverti mais quand il est extraverti, il l’est vraiment !
Elio : Antoine est toujours à fond. Il compense sa timidité en étant le comique de la bande !
Axel : Elio a un côté Kurt Cobain, un peu punk je-m’en-foutiste ! C’est un autodidacte qui sort des trucs complètement chevronnés. En ne suivant pas les règles, il a une vraie expression.

L’album qui va sortir en novembre, comment le présenteriez-vous ?
Elio : Authentique et spontané, comme nous. On a toujours voulu échapper aux règles et on fait les choses sans trop réfléchir.
Un groupe à écouter sur Spotify, YouTube et Instagram.
EP "Cold Flames" (Head Records) disponible ici.