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22 juin 2026Nichée au cœur du quartier des Garrigues, la Maison de Manon est un cocon qui ouvre ses portes à des jeunes porteurs de troubles autistiques. Des professionnels (éducateurs, psychologue, médecin) œuvrent à leur bien-être et, par ricochet, au répit des familles. Barbara Videau et Caroline Yahi, respectivement directrice et cheffe du service éducatif, nous présentent ce lieu atypique, nécessaire et salvateur.
En quelques mots, qu’est-ce que la Maison de Manon ?
Barbara Videau : La Maison de Manon intervient dans le champ médico-social : c’est un établissement du dispositif « Accueil Adolescents Sésame », de type expérimental mais à l’agrément pérenne. On accueille des adolescents entre 12 et 20 ans, diagnostiqués avec un Trouble du spectre autistique (TSA), qui touche principalement la communication, les interactions sociales, la sensorialité et l'autonomie pour certains. Nous fonctionnons sur de l’internat séquentiel.
Qu’entendez-vous par « internat séquentiel » ?
Caroline Yahi : C’est un accueil temporaire mais régulier. On peut accueillir jusqu’à huit adolescents en simultané sur différents temps : en soirée, le mercredi, les week-ends ou pour des séjours, pendant une partie des vacances scolaires par exemple.
Quels critères doit-on remplir pour obtenir une place dans la Maison de Manon ?
B. V. : Le premier critère est celui du diagnostic TSA, avec ou sans TDI (trouble du développement intellectuel). Il faut ensuite obligatoirement se situer dans la tranche d'âge des 12-20 ans. Parallèlement, les jeunes doivent être orientés sur notification de la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH).
« Un environnement pour permettre aux jeunes autistes de s'adapter à la vie de tous les jours et offrir une réponse adaptée aux familles »
Qu’y fait-on, dans cette Maison ?
C. Y. : L’idée est de créer un environnement qui permette aux jeunes de s’adapter à la vie de tous les jours, quel que soit leur niveau de déficience. L’ADN de l’association Sésame, créée par des parents d’enfants autistes, c’est offrir une réponse adaptée aux familles. La notion de répit est très importante : nous restons présents pour les parents, on les conseille, on les aide à faire les démarches, on fait le lien avec les structures dites « pivots », on partage des outils…
B. V. : Pour ces jeunes, il s’agit néanmoins d’un véritable projet éducatif. On accompagne le passage vers la vie adulte, on leur apprend à être autonome : prendre les transports, cuisiner, entretenir un logement, effectuer des démarches administratives ou encore avoir accès aux loisirs. S’ils intègrent ensuite un établissement médico-social adulte, l’expérience d’internat et la connaissance de la vie en collectivité facilitent grandement les choses.
On imagine l’attachement qui peut naître entre les jeunes et votre équipe !
C. Y. : On les côtoie dans une période charnière de leur vie. Pendant les séjours, ils sont présents 24h/24. Alors oui, les relations sont très fortes entre ces jeunes qui restent vulnérables et des professionnels particulièrement investis. Les besoins psycho-affectifs sont aussi plus ou moins forts selon les ados et leur parcours de vie.
B. V. : Chez les jeunes, les départs sont parfois un peu difficiles, on ressent de la tristesse. Il faut accompagner ce ressenti. Pour autant, ça traduit quelque chose de très positif. L'expression des émotions, des ressentis est aussi le résultat d'un vrai travail éducatif.
Comment appréhendent-ils eux-mêmes ce vivre-ensemble ?
B. V. : Il arrive que des jeunes avec des niveaux d'autonomie différents se côtoient sur les mêmes temps d’accueil. Un système d’entraide se met en place naturellement, avec beaucoup de bienveillance malgré un écart parfois important dans leur façon de fonctionner. À chaque nouvelle admission, il y a toujours un tutorat qui ne dit pas son nom, mais qui existe. C’est très gratifiant, pour eux comme pour nous.
C. Y. : Au fil des années, il y a moins de barrières dans la relation à l’autre. Quand les liens qu’ils tissent entre eux perdurent au-delà de la Maison de Manon, c’est le fruit de tout le travail effectué. Et l’illustration parfaite de sa nécessité !
Être installée à Juvignac, c’est un atout pour La Maison de Manon ?
B. V. : La municipalité a toujours été sensible à nos actions et nous travaillons beaucoup avec les associations locales comme le Lions Club, avec les commerces de proximité, avec les collègues du SESSAD (Service d'éducation spécialisée et de soins à domicile). Ce maillage territorial est une chance. Nous avons de la chance d'avoir une commune si accueillante !
C. Y. : Juvignac est idéale pour travailler l'autonomie, la proximité avec la présence toute proche des Instituts médico-éducatifs, des collèges et lycées, des commerces ou des transports en commun. À Intermarché, tout le monde connaît la Maison de Manon !